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Cela fait neuf ans que Toto n’a plus enregistré d’album. Un petit retour en arrière s’impose pour comprendre une si longue absence. En 2008, face au retrait de David Paich pour raisons familiales, à la maladie de Charcot dont est atteint le pauvre Mike Porcaro, Steve Lukather, lui aussi en proie avec de sérieuses addictions, décide que Toto n’a plus lieu d’être étant donné que plus aucun membre de la famille Porcaro n’officie en son sein. C’est la fin de l’aventure humaine et musicale débutée en 1977. Amis depuis le lycée, en 2010, Steve Lukather, David Paich, Steve Porcaro et Joseph Williams, en compagnie du fidèle Simon Phillips programment une tournée de réunion afin de lever des fonds pour payer les lourdes charges nécessaires au traitement de la maladie de Mike Porcaro. La tournée est un succès et le groupe de nouveau soudé envisage dès 2014 l’enregistrement d’un nouvel album. Juste avant l’entrée en studio, le bassiste Nathan East et le batteur Simon Phillips, présent depuis plus de vingt ans, quittent le groupe. David Hungate, premier bassiste du groupe, fait son grand retour et Keith Carlock, batteur de Steely Dan, intègre Toto qui peut aussi compter sur la présence de musiciens tels que Lenny Castro aux percussions, Leland Sklar et Tal Wilkenfeld à la basse entre autres. Toto ayant toujours considéré "Toto XX : 1977-1997" comme un album à part entière, "XIV" est le quatorzième opus studio du groupe dont la sortie sera attristée par l’annonce cinq jours plus tôt du décès de Mike Porcaro le 15 mars 2015. Steve Lukather (guitares et chant), David Paich (claviers et chant), Joseph Williams (chant), Steve Porcaro (claviers et chant), David Hungate (basse) et Keith Carlock (batterie) sont donc aux commandes de cet album que beaucoup de fans n’osaient plus espérer. Ce qui frappe immédiatement à l’entame du premier titre, c’est la production exemplaire dont vont bénéficier les onze nouvelles compositions du groupe. C’est un écrin sonore idéal pour la musique de Toto dont l’inspiration et l’interprétation n‘accusent ni limites ni failles. Les six merveilleuses chansons que sont "Running Out Of Time", "Burn", "Holy War", "21st Century Blues", "Orphan" et "Unknown Soldier" confirment bien que nous sommes en présence du meilleur de Toto. Arrangements somptueux, vocaux impériaux, son organique, mélodies soignées, virtuosité, émotion, lyrisme, efficacité, simplicité et richesse de l’éventail musical de ces artistes orfèvres et passionnés. La délicate "The Little Things" est une nouvelle petite douceur chère à Steve Porcaro. L’irrésistible réussite qu’est "Chinatown" n’a rien à envier à sa jumelle "Georgy Porgy" tant ces deux merveilles sont parfaites en leur genre. La voix grave de David Paich se rappelle à nous avec la belle "All The Tears That Shine". Le groove que Toto affectionne tant et maîtrise à merveille depuis ses débuts pulse la géniale "Fortune" avant que la monumentale "Great Expectations" avec ses moult arrangements ambitieux, sa grandeur et ses multiples facettes ne s’imposent comme un énième morceau de bravoure progressif dont Toto est devenu un grand spécialiste tout au long de sa carrière. Après avoir traversé de rudes épreuves humaines et professionnelles, en 2015, Toto signait un immense comeback avec ce "XIV" qui est à classer dans la catégorie chef-d’œuvre de ce groupe hors-norme qui quoi qu’on en dise ou quoi qu’en pense l’intelligentsia de la presse rock, a marqué de son empreinte musicale et humaine la musique rock de ces cinquante dernières années.
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En 1999 Toto clôt son contrat avec Sony en publiant le deuxième album live de leur carrière, l’excellent "Livefields". Le groupe fonde son propre label qui sera distribué par EMI. En 2002, en pleine préparation de la future tournée mondiale prévue pour fêter les vingt-cinq ans du groupe, Steve Lukather propose un album de reprises en lieu et place d’un nouvel opus que Toto, lié par son contrat avec EMI, se doit d’enregistrer. "Through The Looking Glass" parait en 2002 et, pour votre humble serviteur, revêt peu d’intérêt d’où l’absence d’une chronique plus détaillée le concernant. La magnifique tournée anniversaire de 2003 où ne seront joués que deux extraits de "Through The Looking Glass" à savoir "While My Guitar Gently Weeps" des Beatles et "Bodhisattva" de Steely Dan, est immortalisée visuellement sur le magnifique Blu-ray "25th Anniversary : Live In Amsterdam". Pendant les concerts de cette tournée, Toto dans une forme éblouissante revisite, réarrange, lors de deux longs medleys d’anthologie, un grand nombre de classiques et de titres rarement interprétés en live. Un must-have pour les fans inconditionnels du groupe. Puis, silence radio pendant trois longues années avant que le groupe ne signe un nouveau contrat avec le label italien Frontiers Records. En tenant compte de "Through The Looking Glass", "Falling In Between" est donc la douzième œuvre studio de Toto, sept ans après le chef-d’œuvre "Mindfields". David Paich, Bobby Kimball, Mike Porcaro, Steve Lukather, Simon Phillips ainsi que le nouveau venu Greg Phillinganes (claviers, chant) peuvent compter sur les participations prestigieuses de nombreux invités dont Steve Porcaro, Lenny Castro, Joseph Williams, Ian Anderson. La puissante "Falling In Between" ouvre l’album et l’on sait d’entrée que le groupe veut en découdre. Steve Lukather balance un riff énorme à la Dream Theater, groupe que le guitariste admire, tandis que Bobby Kimball avec ses vocaux rageurs trouve en Greg Phillinganes et sa voix soul un partenaire de choix. Ce morceau est un classique instantané qui passera brillamment le cap de la scène en ouvrant les concerts de la tournée qui suivra la sortie de l’album. La remarquable "Dying On My Feet" aux accents jazzy et ses multiples breaks musicaux se finit en apothéose avec des cuivres en folie qui pulsent le final instrumental afro-américain de toute beauté. La voix chaleureuse de Joseph Williams sublime les chœurs de la ballade "Bottom Of Your Soul" qui, plus afro que ne le fût en 1982 la mythique "Africa", a le potentiel pour devenir un futur grand classique du répertoire de Toto. La géniale "King Of The World", l’efficace "Hooked" et la furie rock "Taint Your World", que n’aurait certainement pas renié l’ami de Steve Lukather que fût le regretté Eddie Van Halen, nous rappellent, s’il en était besoin, que Toto peut rivaliser avec n’importe quel groupe de rock quand il s’agit de monter le son et d’accélérer le tempo. Juste au cœur de cette triplette énergique, l’épurée et délicate "Simple Life" adoucit l’atmosphère alors que Steve Lukather se met à nu vocalement seul accompagné par un piano. C’est au tour de Greg Phillinganes de briller sur la jazzy, groovy et funky "Let It Go" jusqu’à ce qu’une géniale mélodie vienne nous rappeler que chez Toto le refrain est sacré. David Paich, Bobby Kimball et Greg Phillinganes sont tout en retenue pour faire de la bouleversante et intime "Spiritual Man" un nouveau chef-d’œuvre du groupe dont l’émotion atteint son zénith lors du grandiose final gospel en forme de cantique. Bobby Kimball est à nouveau au top sur la superbe "No End In Sight" avec ses nombreux arrangements impeccables qui conclut avec classe et inspiration ce douzième album de Toto. Tout comme ses prédécesseurs "The Seventh One", "Kingdom Of Desire" et "Mindfields", "Falling In Between" est un nouveau chef-d’œuvre de Toto.
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En 1998, pour fêter les vingt ans d’existence de Toto, le groupe décide d’offrir un cadeau inespéré à ses nombreux fans. "Toto XX : 1977-1997" est une collection de titres inédits que le groupe considère comme étant un nouvel album plutôt qu’une énième compilation. On y retrouve des compositions de différentes périodes ainsi que quatre titres enregistrés live en 1991 et 1998. L’excellente "Goin' Home" enregistrée lors du retour de Bobby Kimball en 1989 ouvre admirablement l’album. On poursuit dans l’excellence avec "Tale Of A Man" qui date de 1979 et aurait pu, aurait dû figurer sur l’album "Hydra". Un titre tellement efficace que le groupe décida de l’intégrer en deuxième morceau sur la setlist de la tournée de 1999 qui donna l’album live "Livefields". Les trois chansons suivantes qui datent de 1986 et 1987 sont interprétées par Joseph Williams. La reggae "Modern Eyes" et "In A Word" dans le style FM, méritaient de figurer sur l’album "Fahrenheit" en lieu et place du désastreux titre éponyme. "Last Night" est une inédite provenant des sessions d’enregistrement de "The Seventh One" et on se demande comment elle a pu être écarté de l’album final tant ce titre possède toutes les qualités qui auraient pu en faire un tube essentiel de Toto. La superbe "Right Part Of Me" est une chanson datant de 1984 enregistrée lors des sessions de l’album "Isolation". Elle est interprétée par un Bobby Kimball émouvant et par ses cordes et son orchestration aurait très bien pu être écrite pour l’album "IV". C’est dire la beauté de cette composition. Le renvoi par le groupe de Bobby Kimball, alors aux prises avec ses addictions, en a décidé autrement. Un bond en arrière avec l’irrésistible "Mrs Johnson" dont on se demande en l’écoutant pourquoi elle ne figure pas sur le mythique premier album du groupe. Un choix mystérieux qui semble être une des grandes spécialités de Toto au moment de la décision qui va concerner les titres retenus pour la tracklist finale. On ne peut pas en dire autant des dispensables "Miss Sun" et "Love Is A Man’s World". Par contre à l’écoute de la version live de la hard-rock "On The Run" enregistrée en 1991 à Montreux, une seule question me vient à l’esprit. Mais pourquoi donc une version studio de cette pépite incendiaire parmi les plus réussies du groupe ne figure pas sur "Kingdom Of Desire" ? Pour finir, on a droit à trois titres live enregistrés en Afrique du Sud à Johannesburg en 1998 dont l’instrumental "Dave's Gone Skiing" et "Africa" dans une festive version introduite chaleureusement par "Baba Mnumzane" avec des chœurs africains. Cette magnifique collection d’inédits prouve que Toto ne s’est pas moqué de son public en sortant de ses placards un grand nombre de ses pépites qui n’auraient pas démérité en figurant dans les albums officiels du groupe. Bien au contraire.
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En 1989, Bobby Kimball réintègre brièvement Toto avant que CBS Sony, la maison de disques, n’oblige le groupe à recruter le chanteur Jean-Michel Byron pour l’enregistrement de quatre titres inédits pour la nouvelle compilation intitulée "From Past To Present 1977-1990". Avant cela, Toto a eu le temps d’enregistrer une nouvelle composition avec Bobby Kimball au chant. Cette excellente "Goin' Home" ne paraîtra qu’en 1998 sur l’album "Toto XX : 1977-1997". Un an plus tard, après une tournée anniversaire pour les vingt ans du groupe, Bobby Kimball est à nouveau la voix de Toto. Après le chef-d’œuvre "Kingdom Of Desire" et le superbe "Tambu" enregistrés avec Steve Lukather comme unique chanteur, le groupe se retrouve de nouveau à cinq lorsqu’il retourne en studio pour donner un successeur à "Tambu". Dixième opus studio de Toto, "Mindfields" paraît en 1999. L’album comporte treize nouveaux titres plus un bonus nommé "Spanish Steps of Rome" pour l’édition japonaise. Toto étant décidément un groupe de joyeux farceurs, à sa parution, l’édition standard sans bonus voyait sa tracklist commencer avec "After You've Gone" et se finir avec "Better World (Parts I, II et III)". En 2018, l’intégrale de Toto intitulée "All In 1978-2018" comprend l’ensemble des albums studio de 1978 à 1999 entièrement remastérisé ainsi qu’un album live de 1980 et un album de titres inédits. Pour la sortie de ce coffret, la tracklist de "Mindfields" a été entièrement bouleversée avec le rajout officiel du titre bonus de l’édition japonaise intitulé à présent "Spanish Steps" et le morceau "Better World (Parts I, II et III)" rebaptisé "Better World". Cette nouvelle édition référence est celle dont je vais détailler le contenu. La production minutieuse de l’album orne les chansons d’un son ample, fin, puissant, clair et organique. L’inspiration est multiple, l’interprétation est impériale. Album de retrouvailles, "Mindfields" est une suite polyvalente de musique festive, jouée sans contrainte, sans obligation ni restriction aucune. Le groupe semble heureux d’être à nouveau réuni avec pour seul objectif de s’éclater. Et ça s’entend dès l’entame de l’album. "Cruel", "Mysterious Ways" et "Mindfields" rassurent d’entrée sur l’excellence de la musique. De plus, on retrouve un Bobby Kimball dans une forme vocale éblouissante. L’exemple parfait étant "High Price Of Hate", slow blues en forme de jam qui s’étire sur presque dix minutes où les interventions époustouflantes d’un Steve Lukather en furie répondent à la prestation d’un Bobby Kimball habité comme jamais. L’épatant et groovy "Selfish" nous confirme encore plus que nous sommes bien en présence d’un Toto épanoui de pouvoir jouer en toute quiétude la musique qui lui plait et ce pour le plus grand bonheur du fan heureux que je suis. "No Love" est une semi ballade acoustique efficace avec un harmonica bien venu et un Steve Lukather en grande forme vocale. "Caught In The Balance" est un des morceaux phares de l’album. Un titre comme seul un Toto en état de grâce peut écrire. Intro reggae, riff accrocheur, couplet inspiré, refrain irrésistible et solo somptueux pour un joyau dans la plus pure tradition Toto. Autre registre dans lequel excelle le groupe, la ballade. "Last Love" en est la preuve éclatante avec là encore une chaleureuse performance vocale de Steve Lukather. "Mad About You" est un tube en puissance et serait certainement devenu un classique du groupe s’il avait été écrit à l’époque du "IV" ou de "The Seventh One". Il aurait pu en être de même pour la formidable "One Road", véritable écrin pour la sublime voix de Bobby Kimball. Les pianos de David Paich y sont absolument divins. "Melanie" est une ballade suave à la délicate mélodie portée par le rythme chaloupé de l’impeccable section rythmique Mike Porcaro et Simon Phillips. Une fois encore, la voix chaleureuse de Steve Lukather fait des merveilles. "After You've Gone" est un des très grands moments du disque avec ses sonorités indiennes, ses tablas, son sitar et ses merveilleuses harmonies vocales. L’ombre des Beatles plane sur cette superbe composition. En composant un chef-d’œuvre comme "Better World", Toto nous offre un nouveau morceau de bravoure dont il a le secret en renouant magnifiquement avec ses racines progressives. Un titre majeur du répertoire du groupe. Ce titre qui concluait en beauté l’édition internationale originale est maintenant suivi d’une quatorzième piste. Heureusement que le groupe a enfin décidé d’intégrer dans la tracklist de l’album "Spanish Steps of Rome" qui était le titre bonus de l’édition japonaise. Dorénavant intitulé "Spanish Steps", on se demande comment Toto a pu commettre une telle erreur inexplicable, inexcusable en omettant cette sublime chanson aux accents hispaniques sur laquelle on retrouve avec joie la voix grave de David Paich. C’est aujourd’hui un manquement réparé avec cette édition somptueusement remastérisée, comme le sont les autres albums du coffret "All In 1978-2018", qui nous permet de profiter pleinement et dans des conditions optimales de ce fabuleux "Mindfields" que votre humble serviteur considère comme un nouveau chef-d’œuvre de Toto.
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Le cinq août 1992, Jeff Porcaro, fondateur et batteur historique de Toto, décède. David Paich, Steve Lukather et Mike Porcaro décident d’honorer les engagements pris par le groupe pour la tournée mondiale de promotion de l’album "Kingdom Of Desire". En un temps record au vu des tristes circonstances, Toto recrute le batteur Simon Phillips dont le curriculum vitae a de quoi impressionner. Fantastique musicien de studio et de scène, ce dernier a accompagné Jeff Beck, Michael Schenker Group, Mike Oldfield, Judas Priest, Mike Rutherford, The Who et Tears for Fears entre autres. La tournée prévue devient une tournée en hommage à Jeff Porcaro. Émotion et énergie sont au programme du "Kingdom Of Desire Tour" qui débute à Manchester le 26 septembre 1992 et se termine le 4 décembre de la même année à Sydney en Australie. Soit un total de quarante-cinq dates pour des concerts d’une durée avoisinant les deux heures et quarante-cinq minutes par soir. Votre humble serviteur, présent le 26 octobre 1992 au Zénith de Montpellier, en garde un souvenir fort tant la prestation du groupe ce soir-là fût intense. Le 14 décembre 1992, "The Jeff Porcaro Tribute Concert" se déroula à Los Angeles avec les présences de Toto, Michael McDonald, Donald Fagen, Denny Dias, Boz Scaggs, Don Henley, Eddie Van Halen, David Crosby et George Harrison. Une page était définitivement tournée. Qu’allait-il advenir de Toto ? Un temps, la dissolution du groupe fût envisagée. Pour ma part, la délivrance arrive le 29 septembre 1995 lorsque je sors de chez mon disquaire préféré avec entre mes mains le nouvel album de Toto paru le jour même. Premier constat, la pochette de cet opus intitulé "Tambu" est sublime. Ça commence bien. Second point qui me rassure, Toto a officialisé Simon Phillips en tant que nouveau batteur du groupe. Je suis encore et toujours un admirateur inconditionnel du regretté Jeff Porcaro mais je ne peux que m’incliner devant l’immense talent de Simon Phillips dont j’appréciais déjà le travail avec MSG et Mike Oldfield. Ce qui frappe d’entrée avec "Tambu", c’est l’exceptionnelle qualité de la production de l’album. Le son plus velouté et moins rugueux que sur "Kingdom Of Desire", limpide et organique, redonne à la musique de Toto l’écrin californien qui lui sied si bien. La somptueuse "Gift Of Faith" ouvre l’album avec son groove impressionnant avant un final de toute beauté où chœurs et riff de guitare se marient à merveille. "I Will Remember" s’impose immédiatement dans le top cinq des plus belles ballades du groupe grâce à sa superbe mélodie mélancolique et à la poignante performance vocale de Steve Lukather notamment sur le très beau refrain. "Slipped Away" confirme l’excellente impression laissée par les deux remarquables premiers morceaux. Ici le tempo sonne bluesy avant un refrain aérien du plus bel effet. Deuxième ballade du disque avec "If You Belong To Me" qui arrive trop tôt après la première alors que nous n’en sommes qu’à la quatrième plage de l’album. Agréable mais pas aussi marquante que celle qui la précède. "Baby He's Your Man", sorte de R’N’B passe partout et sans réelle saveur est le maillon faible de l’album. Sans intérêt, ce qui n’est pas le cas de "The Other End Of Time" qui n’est pas très éloignée de "I Will Remember" dans le top des magnifiques ballades de Toto. "The Turning Point" est à nouveau une chanson typée R’N’B. Pas transcendante mais tout de même bien meilleure que sa compagne de l’album. "Time Is The Enemy" et "Just Can't Get To You" relèvent le niveau. Entre les deux, l’ébouriffante "Drag Him To The Roof" affole tout sur son passage. Un des sommets de l’album avec sa rythmique infernale, son refrain accrocheur et ses parties instrumentales qui sont des merveilles d’exécution et de technique musicale. Le remarquable instrumental jazz-rock-fusion "Dave's Gone Skiing" et la sublimissime "The Road Goes On" qui alterne couplet acoustique, refrain magnifique sur une guitare saturée avant un solo lumineux de Steve Lukather clôturent l’album en beauté. Malgré deux titres en dessous du niveau des autres, "Tambu" est un superbe album réalisé par un groupe qui a pris le temps, avec ce disque plus posé, de se reconstruire après la tragédie qui l’a frappé. "Tambu" est un album classieux, chaleureux et émouvant.
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Quatre années se sont écoulées depuis la sortie du chef-d’œuvre "The Seventh One" lorsque débarque dans les bacs de nos disquaires préférés le huitième album studio de Toto. Entre temps, la compilation "From Past To Present 1977-1990" contenant quatre chansons inédites est parue en 1990. Quatre nouvelles compositions qui furent interprétées par un nouveau chanteur suite au renvoi de Joseph Williams pour les mêmes raisons qui amenèrent Toto à se séparer de Bobby Kimball en 1984. La tournée mondiale de promotion pour le best-of fut un énorme succès public mais en coulisses l’ambiance entre le chanteur Jean-Michel Byron et le reste du groupe fut pour le moins tendue. Suite au renvoi de Jean-Michel Byron, David Paich, Steve Lukather, Jeff et Mike Porcaro entrent en studio en 1991 en formation réduite. Toto se retrouve donc quatre et il est décidé en interne de n’avoir qu’un seul chanteur pour l’album à venir. Fort de son premier album solo paru en 1989, Steve Lukather se retrouve logiquement promu chanteur unique de Toto. Intitulé "Kingdom Of Desire", ce nouvel album est celui de la liberté, de la colère, de la revanche et comment mieux exprimer ces sentiments que par une musique énergique, puissante, salvatrice et beaucoup plus directe. "Turn Back" et "Isolation" ont été jusqu’ici les deux albums du groupe orientés rock. "Kingdom Of Desire" va plus loin en dévoilant la face hard-rock de Toto. On savait que Steve Lukather, David Paich, Jeff Porcaro puis Mike Porcaro pouvaient rivaliser avec n’importe quel groupe de hard-rock si l’envie leur en prenait. Des titres comme "Girl Goodbye", "All Us Boys", "White Sister" ou "Stay Away" en sont des preuves éclatantes. Mais, mettre autant la guitare en avant comme tout bon groupe de hard-rock sait le faire, peu de fans auraient misé sur une telle éventualité. Oui mais voilà, Toto n’est pas n’importe quel groupe. Et il le prouve d’entrée avec un rugissant "Gypsy Train" qui vous envoie au tapis dès le premier round. Pas que je sois particulièrement masochiste, mais un knock-out qui vous déboite la mâchoire aussi efficacement, je signe de suite même si je dois me contenter de ne manger que de la soupe pour le restant de mes jours. Retour aux fondamentaux de Toto avec le méga hit de l’album "Don't Chain My Heart". Un titre sublimé par un groove irrésistible, un couplet rock génial, un refrain magistral avec des chœurs soul de toute beauté et un Steve Lukather éblouissant aussi bien au chant qu’à la guitare. Un must absolu du groupe. "Never Enough" avec son riff addictif, ses cuivres et ses chœurs rock’n’roll, ses percussions et son splendide final au rythme latino que n’aurait pas renié le Santana de la grande époque, est un autre uppercut qui fait un bien fou. Le rythme se fait plus puissant et plus lent sur "How Many Times" avec un superbe refrain aux très belles harmonies vocales. "Two Hearts" est la première ballade de l’album qui en compte deux. Toujours à l’aise dans cet exercice, Toto atteint son objectif avec un savoir-faire indéniable. "Wings Of Time" est un magnifique mid-tempo qui fait la part belle aux nappes de claviers jusqu’ici très discrètes et aux mélodies enchanteresses. Le long final de cette superbe composition est une merveille de musicalité. L’éclate totale arrive avec l’endiablée et funky-rock "She Knows The Devil". La rythmique est démentielle, l’énergie contagieuse et la bonne humeur totale. Il est fortement déconseillé d’écouter cette chanson en voiture si vous ne voulez pas que vos jambes et votre tête partent en vrille. Le groupe met le frein sur la pédale avec "The Other Side" qui possède une mélodie magnifique comme souvent avec Toto et un solo de toute beauté. "Only You" est la deuxième ballade du disque et à mon humble avis, elle figure parmi les plus profondes, les plus belles et les plus émouvantes du groupe. Par son groove de basse et les synthés plus présents, "Kick Down The Walls" aurait très bien pu figurer sur un album des années quatre-vingt. Encore une fois, un morceau très accrocheur. Avec "Kingdom Of Desire", chanson titre de l’album, Toto atteint des sommets. Tout est parfait dans cette composition ambitieuse où le groupe retrouve sa fibre progressive en alternant riff lourd, montées en puissance vers un pont ascendant avant l’arrivée d’un refrain majestueux et l’intervention d’un Steve Lukather plus inspiré que jamais lors du magistral solo. Un morceau exceptionnel qui figure parmi les plus grands classiques du groupe. Je peux en dire autant pour le chef-d’œuvre instrumental qui conclut l’album. "Jake To The Bone" ou la quintessence musicale de quatre musiciens en état de grâce délivrant une performance d’anthologie en bouquet final. "Jake To The Bone" où Mike Porcaro et Jeff Porcaro avec leur imparable groove basse-batterie, David Paich avec ses solos de piano endiablés et surtout Steve Lukather qui au milieu du morceau sur un long passage progressif joue ce qui peut être considéré comme étant l’un des plus beaux solos de sa carrière, très mélodique, planant et gorgé de feeling. Doté d’une production fantastique, fort de douze compositions parfaites, magistralement interprété, détonant par sa coloration musicale qui assume pleinement l’énergie hard-rock du groupe, "Kingdom Of Desire" est un album essentiel dans la carrière de Toto et pour de nombreux fans de ce groupe hors-norme, il est leur meilleur. Pour moi, c’est un chef-d’œuvre absolu tout comme "The Seventh One".
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