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""Live" agit comme une photographie fidèle de ce qu’est AC/DC sur scène : une machine de guerre implacable et sans fioriture."
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Quatorze ans après, voici enfin le successeur du légendaire "If You Want Blood (You’ve Got It)". Il faut dire qu’AC/DC dut affronter une traversée du désert d’une dizaine d’années à laquelle "The Razors Edge" vient à peine de mettre un terme. Sorti le 29 octobre 1992, le simplement intitulé "Live" n’est pas qu’un simple témoignage scénique. C’est une déclaration de guerre, un rappel à l’ordre envoyé à tous ceux qui auraient eu l’outrecuidance d’enterrer la Young Cie au tournant des années 1990. Et autant le dire tout de suite, en version double, la bête est massive, rugueuse, et totalement incontrôlable.
Car ici, pas de place pour la dentelle. Dès les premières salves, le groupe balance une électricité brute, presque palpable. ‘Thunderstruck’ ouvre les hostilités avec cette tension nerveuse qu’Angus transforme en uppercut guitaristique. Propulsé par un Chris Slade dont la puissance compense l’inimitable tempo de Phil Rudd, le son est énorme, organique, loin des productions aseptisées de l’époque. On est dans le dur, le vrai, celui qui sent la sueur et la bière renversée. Et puis il y a Brian Johnson, dont la voix râpeuse agit comme du papier de verre sur les tympans. Sur ‘Back In Black’ ou ‘Highway To Hell’, il ne cherche pas la perfection : il incarne, il éructe, il vit chaque ligne comme si sa vie en dépendait. Résultat : une intensité constante, presque épuisante, mais terriblement addictive.
Oubliez vite la version simple car le double album a aussi l’intelligence de couvrir toutes les époques du combo. Les classiques s’enchaînent sans temps mort : ‘Whole Lotta Rosie’ déboule comme un train lancé à pleine vitesse, tandis que ‘You Shook Me All Night Long’ rappelle que le groupe sait aussi manier le groove avec une efficacité insolente. Et que dire de ‘Let There Be Rock’, véritable déflagration finale sur laquelle Angus semble possédé, étirant ses solos jusqu’à l’ivresse ? Certes, les puristes chipoteront sur le fait que nous avons affaire à un patchwork d’enregistrements issus de différentes dates de tournée et que les coupures entre chaque titre handicapent la dynamique de l’ensemble. Mais franchement, la présence de pièces rarement interprétées depuis compense largement ce défaut. Que cela soit les versions survitaminées de ‘Heatseeker’ ou ‘Fire Your Guns’, ou celles à rallonge de ‘Jailbreak’ et ‘High Voltage’, elles donnent un aspect collector incontestable à cet opus. Et puis l’énergie est là, intacte, et nous prenons une claque monumentale.
Car finalement, ce double live agit comme une photographie fidèle de ce qu’est AC/DC sur scène : une machine de guerre implacable, sans fioriture, qui avance droit devant en écrasant tout sur son passage. Il remet l’église au centre du village et la cloche au sommet de la flèche pour rappeler qui sont les patrons. Pas de révolution ici, mais une exécution parfaite d’un rock intemporel. Et parfois, c’est largement suffisant.
Plus d'information sur
http://www.acdcrocks.com/
LISTE DES PISTES:
01. Thunderstruck - 6:35 02. Shoot To Thrill - 5:23 03. Back In Black - 4:28 04. Sin City - 5:40 05. Who Made Who - 5:15 06. Heatseeker - 3:37 07. Fire Your Guns - 3:40 08. Jailbreak - 14:43 09. The Jack - 6:57 10. The Razors Edge - 4:35 11. Dirty Deeds Done Dirt Cheap - 5:02 12. Moneytalks - 4:29 21. Hells Bells - 6:01 22. Are You Ready? - 4:34 23. That's The Way I Wanna Rock 'n' Roll - 3:57 24. High Voltage - 10:33 25. You Shook Me All Night Long - 3:54 26. Whole Lotta Rosie - 4:30 27. Let There Be Rock - 12:17 28. Bonny - 1:03 29. Highway To Hell - 3:53 30. T.n.t. - 3:48 31. For Those About To Rock (we Salute You) - 7:17
FORMATION:
Angus Young: Guitares Brian Johnson: Chant Chris Slade: Batterie Cliff Williams: Basse / Chœurs Malcom Young: Guitares / Chœurs
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(1) AVIS DES LECTEURS
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Il aura fallu attendre quatorze ans pour voir arriver un successeur au mythique "If You Want Blood You've Got It". La reconquête critique et publique qui a suivi la sortie de l'excellent "The Razors Edge" a entraîné AC/DC dans une tournée mondiale de plus de trois cent dates. En plus des salles, le groupe a aussi assuré la tête d'affiche de nombreux festivals. Le 21 septembre 1991 à l'Hippodrome de Vincennes à Paris avait lieu les "Monsters Of Rock" avec une affiche de rêve : Patrick Rondat, Black Crowes, Queensryche, Metallica et AC/DC. Le concert des Boys ce soir-là fût énorme et c'est aphone, fourbu, épuisé, dégoulinant de sueur mais pleinement heureux que plus tard dans la soirée je m'installais sur les escaliers de la Gare de Lyon pour essayer de m'y taper un roupillon en compagnie des amis et d’une cousine qui étaient avec moi au festival. L'adrénaline post-concert n'étant pas redescendue, nous ne fermâmes pas les yeux de la nuit. Comment voulez-vous retrouver une pulsation raisonnable après être passé sous un tel rouleau compresseur sonore ? La performance d'AC/DC ratatina tout sur son passage. Du délire, un light show fabuleux, un son du tonnerre (je sais elle est facile celle-là mais j'assume), 21 canons dominant la foule du haut de la structure scénique et des tonnerres de salves pour saluer son public qui le lui rend au centuple. Difficile de retrouver son calme après un tel déferlement électrique. Sans oublier que les Black Crowes avaient été excellents, que Queensrÿche avait été somptueux et que Metallica avait été impérial. AC/DC, eux, furent tel César : veni, vidi, vici ! Vous savez quoi, à chaque fois que j'écoute ce monumental "Live", je me sens comme Marty McFly et je retourne vers cette merveilleuse journée du 21 septembre de l'année 1991. Petite précision : la production de cet album signée Bruce Fairbairn est prodigieuse. Le son est énorme, le groupe est au sommet de son art. Les versions proposées ici sont dantesques et pour beaucoup d'entre-elles, leurs tempos sont accélérés. Il faut dire qu'à l'époque, Malcolm Young, Cliff Williams et Chris Slade carburaient au turbo sans jamais défaillir. Tout simplement impressionnant. Brian Johnson et Angus Young étaient dans une forme étincelante. Et pour celles et ceux qui veulent voir à quoi ressemblait AC/DC en 1991, précipitez-vous sur le Blu-ray "Live at Donington" et vous aurez une petite idée de la claque monumentale que j'ai pris à Vincennes. Seul petit bémol à cet album, les blancs entre chaque chanson qui marquent bien le fait que les enregistrements proviennent de plusieurs dates couvrant la tournée. "If You Want Blood You've Got It" est le live mythique d'un groupe fougueux, en pleine ascension. "AC/DC Live" est le live historique d'un groupe mature, au sommet de son art. Deux albums indispensables à tout amateur de sensations fortes et de vérité musicale !
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(3) COMMENTAIRE(S)
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5/5 (4 avis)
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STAFF:
3.7/5 (3 avis)
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