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"Handicapé par un milieu d’album bien pauvre, “Seven Seasons” n’apparaît guère convaincant."
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2/5
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Sept années depuis le dernier album (“Antenna”)… Le groupe anglais The Gift n’est pas coutumier des productions rapprochées, mais ici c’est un grand coup de balai dans le line-up qui a peut-être justifié ce délai. Le chanteur Mike Morton, fondateur du combo, est en effet le seul rescapé de ce grand lessivage, et cela a probablement joué sur l’élaboration de “Seven Seasons”, une allusion aux “Sept Âges de l’Homme” de William Shakespeare.
Car le style du groupe, cantonné jusque-là à un progressif à tendance plutôt symphonique, a pas mal évolué. La caution progressive n’est présente que dans le premier et le dernier morceau, encadrant une collection de pièces disparates beaucoup moins ambitieuses et passablement datées.
Le summum est atteint avec la ballade ‘Lay Your Heart On Me’, modèle de désuétude musicale où tout sonne prévisible et dégoulinant, mais ‘Coming Down to Land’ n'est pas en reste avec ses descentes de toms scolaires et son solo de Hammond bien laborieux. ‘Sweet Bird of Youth’ quitte les années 1960 pour les seventies mais reste très conventionnel avec des chœurs périmés, et ‘Yours Sincerly’ s’époumone à trouver de l’énergie sans y parvenir. Pour dynamiser la sauce, The Gift a choisi de renforcer la grosse caisse (‘Baby Blue Eyes’, entre autres, heureusement sauvé par une ligne de basse entraînante), procédé artificiel et fatiguant.
Le chant de Mike Morton, juste mais passablement narcotique -son dynamisme vocal se situe entre Andy Latimer et Steve Hackett, qui ne sont pas des modèles du genre- n’arrive pas à insuffler de l’énergie. Heureusement, en fin de parcours survient ‘Evensong’, instrumental au piano bluesy soutenu par la flûte de John Hackett, qui laisse une impression onirique bienvenue.
Comme signalé plus haut, la caution progressive est apportée par ‘Overture’, instrumental aux multiples changements de thème qui en fait un morceau un peu décousu (mais avec une intervention de Steve Hackett à la guitare), et par ‘Love is Where We're From (End of Life)’, qui empile pas mal de poncifs dans le registre néo-prog, notamment dans un solo de synthé qu’on n’ose plus guère aujourd’hui.
On est donc loin de la brillance de “Awake and Dreaming” ou de “Why the Sea is Salt’”, remarqués en leur temps. Mesurée à l’aune de “Seven Seasons”, cette reformation n’apparaît guère convaincante…
Plus d'information sur
https://thegiftuk.bandcamp.com
LISTE DES PISTES:
01. Overture 02. Coming Down To Land (Birth and Infancy) 03. Baby Blue Eyes (Schooldays) 04. Sweet Bird Of Youth (Young Prime) 05. Lay Your Heart On Me (Love) 06. Yours Sincerely (Mid-Life Crisis) 07. Evensong (Autumn Years) 08. Love Is Where We’re From (End Of Life)
FORMATION:
Chris Taylor: Batterie Cristiano Tortoioli: Guitares Eliot Minn: Claviers Keith Buckman: Basse Mike Morton: Chant John Hackett: Invité / Flûte Jon Poole: Basse / Invité Stephen Clee: Guitares / Invité Steve Hackett: Guitares / Invité
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