Trois
ans
après
un album éponyme fort apprécié, Beyond The Black nous revient en
ce début d’année avec un "Break The Silence" très
attendu. Les
Allemands,
menés
par leur
frontwoman Jennifer Haben espèrent, avec cette sixième production, rester dans la roue de Within Temptation
et Nightwish, les meneurs de la troupe des groupes de metal à
chanteuse.
Jusqu’à
présent, Beyond The Black a su relever le challenge auquel s’attache chaque formation de
cette mouvance, en substance envoyer du lourd et trouver des mélodies qui accrochent, tout en peaufinant l’aspect symphonique des propos. Mais la bande de Jennifer a décidé cette fois de pousser les curseurs un peu plus loin.
En
effet, histoire
de compléter
ces
incontournables
préalables,
les Germains ont choisi
de
faire plaisir à leurs fans de tous horizons en leur rendant hommage
tout au long de cette nouvelle production.
Ainsi,
un chœur féminin bulgare (The Mystery Of The Bulgarian Voices) est
invité sur 'Let There Be Rain', et Asami, chanteuse du groupe de metal
japonais Lovebites, est
conviée sur 'Can You Hear Me'. On
peut aussi
noter
l’apparition,
sur 'The Art Of Being Alone', de
Chris Harms - frontman
du
combo de dark gothique Lord Of The Lost, mais
également un
morceau chanté principalement
dans
la langue de
Goethe
('Weltschmerz'). Pour
finir, les
fans français
apprécieront le
titre '(La Vie Est Un) Cinéma' où
notre
langue est ponctuellement
mise
à
l’honneur.
Le
corollaire de
ce parti-pris ethnique
est
que Beyond The Black s’est
senti attiré
par la nécessité de diversifier
les univers dans
lesquels
s’inscrivent
ses compositions, cherchant
probablement à démarquer cet opus de ce qui est traditionnellement
attendu d’une
bande
de cette obédience.
Le
problème, c’est que ça ne marche
pas à tous les coups. Ainsi,
la ballade 'Weltschmerz' trop introspective ne fonctionne pas ; d’une linéarité coupable,
hormis un léger soubresaut final, elle clôt l’opus de façon insipide. 'The
Flood',
pour sa part, s’encombre d’une intro et de chœurs typés électro
et de voix trafiquées agaçantes, et 'Ravens',
la seconde plage calme, pêche par la répétitivité lancinante de
son refrain pop rock. Si
on ajoute à cette liste peu reluisante un 'The
Art Of Being Alone' qui
souffre de facilité mélodique malgré son ambiance ethnique bien
tentée, et un '(La
Vie Est Un) Cinéma' handicapé
par son côté kitsch et sa platitude mélodique, il ne reste
plus qu’un
demi-album à se mettre sous la dent.
Fort
heureusement, les
cinq chansons subsistantes
relèvent
le niveau de l’ensemble et permettent de retrouver avec
plaisir les talents avérés du combo pour accrocher son auditoire.
Parmi celles-ci,
les palmes d’honneur de cette œuvre boiteuse reviennent au titre éponyme, bien rentre-dedans et
particulièrement addictif, et au tube en puissance 'Hologram'.
Ce
sixième opus de Beyond The Black est donc un semi-échec.
L’originalité ne paye pas toujours, surtout lorsqu’on cherche à
satisfaire trop d’auditeurs aux goûts diversifiés. Le metal moderne se décline souvent en mode alternatif de nos jours, mais pousser l'exercice au-delà de ses limites peut conduire l'auditeur à s'y perdre, et les Allemands risquent d’en faire ici la cruelle expérience. Ils devront
revenir aux essentiels lors de leur prochain effort, ce afin de ne
pas enfoncer plus avant l’épine désormais fichée dans leurs
chairs.