Après les années Prismeria - deathcore/thrash taillé à la serpe - Benjamin Lamy et Lény Garcia reviennent avec un projet aux antipodes du metal : un duo acoustique "hard folk instrumental" qui revendique autant Rodrigo y Gabriela que Hans Zimmer. L'ambition de The Metonic Cycle est réelle, la proposition singulière, et ce premier album, "Celestial Mechanics", s'impose dès les premières écoutes comme bien autre chose qu'un simple exercice de style.
L’intensité et la puissance de ‘Land Of Ysun’ et ‘Dance Of Aurora’ montrent d'emblée que les power chords n'ont pas besoin d’ampli Marshall pour en imposer, d’autant que le jeu percussif des guitaristes leur confère une énergie rock évidente (‘The Gift Of Halley’). D’ailleurs The Metonic Cycle prend plaisir à se jouer des codes, mélangeant flamenco et lignes mélodiques inspirées d’Iron Maiden (‘Cepheid’) ou encore chœurs féminins et musique orientale (‘Water of Chaos’).
Mais c’est sur les titres les plus atmosphériques que le duo révèle sa vraie sensibilité. ‘Levitation’, avec ses inflexions irlandaises, ses claviers discrets et ses cordes en arrière-plan, est franchement magnifique. De même que ‘Low Hopes Of Men’ et ses arpèges célestes qui, telle la bande originale d’un film imaginaire, invitent à se laisser porter grâce à une intelligence narrative qui dépasse largement la démonstration technique.
"Celestial Mechanics" ressemble à une collection de tableaux musicaux, qui illustrent à la fois le nom de l’album et le nom du groupe (qui fait référence à un cycle astronomique de 19 ans). Même si chaque tableau est soigné, l'ensemble manque toutefois d’un fil conducteur qui le rendrait réellement passionnant d’un bout à l’autre. Il n’en demeure pas moins un album sincère qui réussit le pari de l’acoustique, ce qui n’est pas le plus facile dans le paysage musical actuel. Un duo à suivre donc de près pour tous les amateurs de propositions musicales originales.